Mieux vaut tard que jamais…

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Voilà plus de deux mois que je suis rentrée du Vietnam et je n’avais toujours pas pris le temps d’écrire un billet pour faire le récit de mes aventures. Mais vous savez ce que c’est, à peine les vacances sont-elles finies que l’on se projette déjà dans les prochaines; le retour au travail m’a ramené bien vite à la réalité et je suis rapidement retombée dans un quotidien chargé qui me ferait presque oublier le délicieux Chè et la rafraîchissante Saigon beer.

Etre synthétique n’est pas simple, encore moins quand on doit tenter de résumer un voyage de deux semaines ponctué de petites anecdotes quotidiennes. Je m’excuse donc pour la longueur de ce billet et félicite d’avance ceux qui auront le courage de le lire jusqu’au bout 🙂

Hanoi

Connaisseurs de l’Asie, vous serez très certainement charmés par toute l’authenticité du centre historique de la ville. Si au contraire Hanoi constitue la première étape d’un premier voyage sur le continent, vous risquerez sûrement nausées à chaque coin de rue et un bon mal de tête à la fin de la journée. Ainsi, à peine descendue de l’avion, ma première heure de balade dans cette étouffante fourmilière m’a menée jusqu’à une marchande de chien pré-découpé (bon appétit!), en passant par une ruelle dans laquelle traînait une énorme carcasse d’animal… Le décor est planté! Se balader dans le vieux Hanoi c’est se laisser surprendre par des odeurs et des couleurs à chaque coin de rue, tout en prenant soin d’éviter comme on le peut le flot incessant de scooters qui encombrent la cité. Et puis pour se remettre de ses émotions, rien de tel qu’un apéro au bord de la piscine du mythique hôtel Métropole, un véritable havre de paix  dans lequel j’ai dégusté le meilleur des Daïquiri; et puisqu’il faut aussi se remplir la panse, remontez le long du lac Hoan Kiem, en n’oubliant pas au passage de photographier l’adorable pont rouge du temple Ngoc Son, et enchaînez avec le célèbre et très raffiné poisson-chat de chez Cha Ca La Vong (14, Cha Ca) ou bien laissez-vous tenter par la copieuse et savoureuse carte d’un des restaurants Quan An Ngon. Pour terminer la soirée, il ne faut pas oublier de boire un jus de fruits (avec beaucoup de glaçons pour les plus résistants!:-)) assis dans la rue sur un tabouret en plastique, au milieu des dizaines de jeunes hanoïens qui se retrouvent pour papoter tout en se laissant séduire par la jolie vendeuse de cigarettes courtement vêtue. Côté culture, les lève-tôt ne manqueront pas d’aller se recueillir auprès de la dépouille embaumée du camarade Ho Chi Minh; une visite éclair mais néanmoins impressionnante. Enfin, consacrez un peu de temps à l’incontournable temple de la Littérature. Et si après tout ça il vous reste un peu de temps, profitez-en pour vous exercer à la négociation en faisant du shopping, l’achat d’une contrefaçon de The North Face constituant un bon entraînement pour se faire la main.

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Baie d’Halong

Alors on ne va pas se le cacher, la baie d’Halong est sûrement l’endroit le plus touristique du Vietnam. Des hordes de touristes débarquent tous les jours dans le port pour embarquer sur l’une des centaines de jonques toutes peintes en blanc. Mais tout cela n’enlève en rien le plaisir de boire une bière sur le pont d’un bateau en regardant le soleil se coucher sur la baie… Notre guide Tony a eu beau nous débiter les blagues pourries qu’il sort à longueur de journées à tous les groupes, il y mettait tellement de cœur et nous a tellement fait rire que pour une fois, faire partie d’une grosse machine à touristes n’avait plus vraiment d’importance. Même l’invasion de cafards dans ma cabine n’aura pas gâché cette croisière archi cliché au milieu des  paysages karstiques, véritables merveilles de la nature. Et si d’aventure vous faisiez vous aussi votre croisière sur le Elizabeth Sails, évitez à tout prix les deux cabines du bas à l’arrière du bateau! Vous devriez alors passer une partie de votre nuit à chasser les cafards (de vrais monstres, non non je ne rigole pas!), risquant ainsi d’être traumatisé pendant le reste de votre séjour dès lors consacré à la traque de ces grosses bêtes à chaque arrivée dans une nouvelle chambre d’hôtel.

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Hué

Après avoir expérimenté le train de nuit depuis Hanoi, nous sommes arrivés, avec un retard trop prévisible, à Hué. Cette étape dans l’ancienne capitale impériale constituait une étape importante de notre voyage puisque nous nous y arrêtions afin d’assister à un mariage. Nous y sommes donc restés quelques jours et avons eu tout le loisir de parcourir la ville de long en large. Beaucoup plus calme que ses grandes sœurs Hanoi et Saigon, Hué s’apparente à une ville de province paisible qui s’anime le soir venu, à l’ouverture du night market où toute la ville semble s’être donnée rendez-vous pour se promener et rencontrer les amis. Côté culturel, j’ai passé une journée très intéressante de visite avec un guide francophone qui nous a mené de la pagode Thien Mu à la cité impériale en passant par le tombeau impérial. Mais je vous avouerai que ma recherche constante du « vrai » a été particulièrement satisfaite par une balade à vélo à travers les rue étroites de la vieille ville qui nous a permis de déambuler au milieu des habitants. C’est également à Hué que j’ai fait l’expérience du karaoké vietnamien dont tout le pays semble raffoler: on loue une des nombreuses salles avec ses amis, on pousse le son à fond et on chante le plus fort (et en théorie le plus juste) possible. Au final ça donne du larsen et une série de fausses notes; on en ressort plein les oreilles mais en ayant bien rigolé.

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Hoi An

Il y a 12 ans, j’ai passé 3 semaines à Hoi An dans le cadre d’une mission humanitaire. J’en avais gardé l’image d’une petite bourgade très paisible avec ses charmantes maisons en bois noir. Le silence qui régnait dans les rues n’était perturbé que par le passage régulier du marchand de glaces et sa musique à répétition qui finit par vous obséder. Les maisons sont toujours là mais abritent désormais pour la plupart des magasins de souvenirs. La musique du marchand de glaces a quant à elle disparu et a été remplacée par celle des bars où s’étourdissent les jeunes occidentaux le long de la rivière. Des hordes de touristes ont envahi les rues et à la nuit tombée, il faut slalomer entre les nombreux enfants et vieilles dames qui vendent des lampions flottants à déposer sur la rivière. Ayons tout de même l’honnêteté de reconnaître que tout cela ne suffit pas à gâcher le charme de la ville: les nombreux lampions qui éclairent les rues et le pont japonais en font un endroit unique au Vietnam qui mérite vraiment que l’on s’y arrête une journée.

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Saigon

Saigon fait partie de ces villes que l’on aime ou que l’on déteste. Certains n’y verront que bruit incessant, pollution, saleté et se sentiront vite oppressé voire harcelé par les vendeurs de rue. D’autres au contraire  y verront le charme d’une ville ayant su garder de magnifiques vestiges de l’architecture coloniale française mêlés aux buildings modernes qui reflètent le dynamisme économique du pays. Si nous avons sûrement fait l’erreur d’y passer un peu trop de temps, Saigon mérite que l’on y consacre tout de même deux bonnes journées. Faites l’impasse sur la pagode de l’Empereur de Jade, pourtant conseillée dans tous les guides touristiques mais présentant peu d’intérêt, et concentrez-vous sur les pagodes du quartier chinois de Cholon, bien plus jolies. Faites un tour par le marché du quartier, bien plus authentique que le marché Ben Thanh du centre qui reste un endroit privilégié pour acheter des souvenirs ou encore manger, installé sur un tabouret en plastique à l’un des nombreux étals qui se disputent les clients. Et puisqu’on parle de nourriture, vous ne manquerez pas de passer par Pho 2000, l’endroit idéal pour manger la célèbre soupe nationale de nouilles de riz. Enfin, s’il y a un musée qu’il faut absolument visiter, c’est celui des Vestiges de la Guerre: âmes sensibles s’abstenir, les nombreux témoignages et photos que l’on y voit font froid dans le dos; l’horreur de la guerre dans toute sa splendeur et les effroyables conséquences à long terme! J’en suis ressortie un peu abattue mais cette visite était à mon sens indispensable pour mieux comprendre une partie de l’histoire du pays. Alors que nous cherchions un café pour se détendre et reprendre nos esprits, c’est par hasard que nous sommes tombés sur Secret Garden, un bar-restaurant en rooftop bien caché tout au fond d’une cour. Véritable petit havre de paix au milieu du tumulte de la ville, vous dégusterez votre jus de fruit frais encerclé par une poule et ses poussins qui circulent en toute liberté; un vrai bar à bobos à la sauce vietnamienne! 🙂

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Delta du Mékong

L’avantage de loger dans le quartier des backpackers quand on est à Saigon, c’est que toutes les agences de voyages sont regroupées au même endroit. Il suffit d’arpenter la rue De Tham pour faire le tour des agences, comparer les différentes offres, et dès le lendemain matin, vous vous retrouvez à bord d’un bus vous emmenant loin de la cohue de la ville. Parmi les attractions les plus souvent proposées aux touristes, il est en une que nous avons testée et regrettée: les tunnels de Cu Chi, cet immense réseau souterrain utilisé par les vietcongs pour échapper aux américains pendant la guerre. A moins que vous n’ayez une furieuse envie de vous essayer à jouer à la guerre avec une des nombreuses armes proposées au centre de tir du site, ou que vous ressentiez le besoin de vivre une expérience de pure claustrophobie en parcourant 100 mètres dans un des tunnels, cette visite n’a que peu d’intérêt. A choisir, mieux vaut consacrer du temps à la visite du delta du Mékong qui est un incontournable. A ce jour, je reste impressionnée par ce fleuve immense qui s’étire à certains endroits sur 2km d’une rive à l’autre et autour duquel toute la vie s’organise. Cette région du Vietnam est l’un des derniers endroits au monde où l’on trouve encore d’authentiques marchés flottants (cf. Can Tho) destinés aux locaux et non aux touristes. Quel plaisir pour les yeux d’assister de bon matin au ballet de ces dizaines de pirogues chargées de toutes sortes de fruits et légumes qui circulent dans tous les sens; on ne sait où regarder!

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Cette escapade a également été l’occasion de faire l’expérience du logement chez l’habitant. Après une petite appréhension liée au fait que nous ne savions pas vraiment dans quoi nous nous embarquions en choisissant ce type de logement, nous avons découvert de jolies cabanes au bord de l’eau. L’intérieur y était assez sommaire, mais propre et bien arrangé. Après avoir préparé les nems avec les mignonnes petites mamies de la famille, mangé un super repas et bu de l’alcool de riz avec le propriétaire, il était temps de nous préparer pour notre nuit en bungalow. Une fois la moustiquaire bien calée sous le matelas, nous voilà protégés des agressions nocturnes potentielles du monde animal. Inutile de vous dire qu’au bout de 15 minutes, légèrement stressée par les bruits des bestioles et du bois de la cabane qui craquait dans tous les sens, je me suis empressée de mettre des boules quies afin de passer une nuit à peu près sereine 🙂 Au petit matin, c’est douche avec mon amie la grenouille qui s’est tapée l’incruste, puis nous montons sur la pirogue pour sillonner les canaux tout en prenant notre petit-déjeuner, magique!

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Pour finir, voici une liste d’hôtels dans lesquels nous avons séjourné et que je recommande vivement:

Hoi An: Hoang Trinh Hotel, pour l’extrême gentillesse du personnel, le petit-dej en terrasse au calme et la déco romantique kitsch des chambres.

Hué: Hué Four Seasons Hotel, pour le rapport qualité/prix, le sourire et le sens du service de toute l’équipe ainsi que leurs bons plans restau.

Can Tho (Delta du Mékong): Hung’s Homestay, pour l’expérience cabane au bord de l’eau en mode Robinson Crusoé (bébètes inclues!:-)) dans une famille accueillante.

Saigon: Saigon Europe Hotel, un groupe possédant plusieurs hôtels dans le quartiers des backpackers et offrant un bon rapport qualité/prix avec un personnel aimable et dévoué.

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Bière, gaufre et waterzooi

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Le mois de mai, ses ponts, les congés à solder et cette irrépressible envie de s’évader le temps d’un week-end, en attendant l’été. Alors que certains s’envolent pour aller chercher un peu de soleil à Lisbonne ou à Madrid, ayez le courage de faire des choix radicalement différents! Sautez dans un bus Eurolines (retrouvant ainsi votre âme d’étudiant fauché) et rejoignez le (très souvent pluvieux) Plat Pays cher à Brel! Fini les séjours en mode « sea, sex & sun », optez pour la formule « bière, gaufre et waterzooi », tellement plus calorique mais tellement plus originale! Et quitte à faire dans l’originalité, autant y aller à fond: la Belgique, OUI, mais on met de côté Bruxelles et la trop touristique Bruges pour partir à la découverte de cette ville méconnue qu’est Gand.

Canaux et charmante architecture médiévale, perdez-vous dans les rues étroites d’une ville authentique qui constitue une destination idéale pour un week-end, que vous y alliez en amoureux ou pour faire la fête. Et pour vous aider à préparer votre future visite en Flandre-Orientale, voici quelques endroits incontournables qui font de Gand un endroit unique qui mérite qu’on s’y attarde:

  • Qui dit Belgique dit bière bien évidemment… Et à Gand, c’est à la brasserie Gruut (Grote Huidevettershoek 10) qu’il faut s’arrêter. Ici on a remplacé le houblon par un mélange d’herbes qui donne à la bière un goût unique; tellement unique qu’on se contente rarement d’un seul verre… Attention tout de même car la bière belge est forte donc traître, j’en ai fait l’expérience… 🙂 Méfiance donc aux habitués de 1664 et autres bières légères, il vous est conseillé de commander un plateau de fromage pour accompagner votre dégustation et ainsi espérer limiter les dégâts…:-)

 

  • A la recherche d’un endroit calme? C’est vers l’ancien béguinage Sainte-Elisabeth qu’il faut se diriger. Situé un peu à l’écart du centre ville, c’est un véritable havre de paix, un petit village aux murs blancs où l’on éprouve un sentiment de quiétude.

 

  • Pour une pause goûter, arrêtez-vous chez Max (Goudenleeuwplein 3), LA gaufrerie de la ville. Evidemment c’est bondé, évidemment c’est un peu cher, mais cela ne gâchera en rien un réel moment de délice! A noter également qu’une dame pipi règne sur les toilettes de cet établissement, et attention, elle n’aime pas les resquilleurs!

 

  • A la recherche d’un second havre de paix? A nouveau, quittez le centre ville pour vous diriger vers l’Abbaye Saint-Bavon (Voorhoutkaai 43). L’entrée de ce lieu historique qui date du VIIème siècle n’a pas été aisée à trouver. Mais quelle récompense de pouvoir entrer dans cet endroit où la nature semble avoir repris ses droits. Envahi par la verdure, ce magnifique lieu qui respire la sérénité semble être déserté par le public, au point que le gardien semblait surpris de voir arriver deux visiteurs…

 

  • Outre le waterzooi et le vol au vent, Gand semble également être la ville idéale pour les amateurs de travers de porc. Et si Amadeus est le restaurant le plus populaire de la ville en la matière, c’est au De Gekroonde Hoofden (Burgstraat 4) que je vous propose de déjeuner. Ambiance conviviale, personnel sympathique, ici on mange avec les doigts et on mange des travers de porc à volonté. On commence par en manger un, et puis quand on est un habitué de l’endroit on fait une pause et on enchaîne avec un deuxième puis un troisième… Le record du restaurant s’élèverait à douze… Autant vous dire qu’avec un travers de porc et demi, mon cher et tendre est passé pour un amateur 🙂

Vous voilà donc détenteurs de précieuses adresses qui je l’espère vous seront utiles si pour partez à la découverte de Gand. Et pour des informations plus complètes, je vous recommande vivement d’aller faire un tour sur le site de la ville qui est extrêmement bien fait: http://www.visitgent.be/fr/home

Labor day

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Jeudi 1er mai, journée pourrie à souhait, une pluie qui tombe sans discontinuer, bref un temps à rester chez soi à traîner sur son canapé devant des séries avec un thé et un sachet de Dinosaurus (voire le paquet entier). Mais c’est aussi le temps idéal pour manger une crêpe bien au chaud avec une bolée de cidre et donc l’occasion de faire un tour au fameux Breizh Café de la rue vieille du temple. Parce-que non, le monopole de la galette maraîchère (ma préférée) ne revient pas au quartier de Montparnasse, on en sert AUSSI rive droite, si si! Mais bon soyons clair, ce n’est pas parce-qu’on a une enseigne également implantée au Japon que l’on sert forcément les meilleures crêpes de Paris; car si vous voulez mon avis, c’est bel et bien parmi les crêperies de la rive gauche que l’on se régale le plus; je vous laisse tester et juger par vous même.

Mais qui dit temps de chien, dit aussi cinéma, et quoi de plus naturel en ce jour de Fête du Travail que d’aller voir « Labor Day » (ou plutôt « Last days of summer » pour les spectateurs français), sorte de drame romantique comme on aimerait en voir plus souvent sur les écrans. Adèle,  interprétée par une Kate Winslet magnifique comme à son habitude, s’enfonce dans la tristesse, la solitude et la dépression depuis le départ de son mari. Enfermée dans sa solitude dont son fils Henry ne parvient pas à la faire sortir, elle a abandonné toute idée de connaître à nouveau l’amour. Jusqu’au jour où Frank, un détenu de prison qui vient de s’évader, fait irruption dans leur vie. S’ensuivront ensuite 5 jours à huit clos qui les marqueront à jamais; 5 jours placés sous le signe de la sensualité, de la douceur, de l’éveil des sens, du retour progressif à la vie et de l’ouverture au monde pour Adèle; 5 jours sous le signe de l’apprentissage et de l’encouragement pour Henry. Entre projet de cavale à la Bonnie & Clyde, appétissante tarte aux pêches et amour vrai et passionné, tout est fait pour qu’on se laisse embarquer dans cette histoire touchante et poétique qui m’a fait verser quelques larmes (histoire au passage de vérifier que mes glandes lacrymales fonctionnaient toujours bien).

Marié de force

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Lorsqu’il est question de mariage forcé, la victime n’est pas toujours celle qu’on croit… Et qui mieux que Molière et son inégalable sens de la dérision  pour nous le montrer? Ainsi j’ai donc assisté vendredi soir à la première du « Mariage forcé » à l’Aktéon Théâtre. Mise en scène par les jeunes et énergiques comédiens de la compagnie des Pitres Rouges , cette courte et hilarante comédie en prose explore avec légèreté un sujet grave et malheureusement toujours d’actualité.

Si jusqu’à maintenant je n’avais assisté qu’à des mises en scène plus que classiques des œuvres les plus célèbres de Monsieur Poquelin, ce fut là l’occasion de découvrir une pièce méconnue de l’auteur portée par une mise en scène moderne qui dépoussière littéralement le théâtre classique; et c’est rafraîchissant! Dynamisme et originalité, c’est ce que je retiendrai de cette représentation qui m’a montré que même avec de petits moyens,  les bonnes idées suffisent à surprendre et faire rire le spectateur. On regrette juste que cela ne dure qu’une petite heure et on en redemande encore.

Dépêchez-vous donc d’aller voir cette pièce qui se joue jusqu’au 20 juin 2014, et profitez de votre virée dans l’un des quartiers les plus sympathiques de la capitale (et je ne suis absolument pas objective en vous disant cela, vous vous en doutez bien!) pour prolonger votre soirée dans l’un des établissements situés au coin de la rue du chemin vert et de la rue St Maur, à deux pas du théâtre. Ainsi, délectez-vous d’un bon burger à l’Express bar, suivi d’un verre de vin chez Monsieur Matthieu, le tout nouveau bar à vin du coin. Bref, de quoi passer une excellente soirée rive droite!

Si on sortait?

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Cela fait des semaines, que dis-je, des mois, que j’enchaîne tentatives sur tentatives pour réapparaître sur cette page sans jamais avoir la discipline nécessaire pour me concentrer sur l’écriture de quelques lignes. Difficile en effet de rester vissée bien droite derrière son écran à tapoter sur le clavier quand la fatigue de la journée de travail vous invite à vous glisser sous la couette devant True Detective, House of Cards et autres séries à la mode qu’il faut ABSOLUMENT regarder afin de briller en société. Et puis il y a toujours un nouveau restau (japonais) à aller essayer, un bain de foule à prendre lors d’une expo sur le bonheur, un concert au cours duquel s’évanouir sans raison, Londres à faire visiter à son cher et tendre, un rendez-vous chez la manucure à honorer (ah le vernis semi-permanent, ma nouvelle passion!:-)), une carte UGC illimité à rentabiliser… Bref, autant de distractions qui ne rendent pas aisée mon activité d’apprentie blogueuse. 

Et si je reprends la plume aujourd’hui, c’est encore pour vous parler d’une de ces distractions qui me tient particulièrement à cœur: le théâtre. De ce côté là en effet, ce début d’année a très bien commencé et je me voyais donc dans l’obligation de mettre un coup de projecteur sur les trois spectacles qui m’ont particulièrement plu récemment.

Mangez-le si vous voulez

C’est mon gros coup de cœur de ce début d’année! Basée sur un horrible fait divers assez méconnu, la pièce nous transporte en 1870 à Hautefaye, petit village de Dordogne qui va être le théâtre d’un mouvement de folie incompréhensible de la part de ses habitants envers Alain de Monéys, leur ami d’enfance. Entre effroi et légèreté, écœurement et tendresse, amour et haine, rires et colère, on est transporté par le talentueux Jean-Christophe Dollé qui incarne à lui seul, de manière magistrale, l’ensemble des habitants du village. Sous tension et tenus en haleine du début à la fin, l’horreur à laquelle on assiste est compensée par la légèreté et l’insouciance incarnées par cette ménagère modèle des années 60, présente sur scène tout au long de la pièce et brillamment interprétée par Clotilde Morgiève. Portée par une mise en scène originale, la force de cette comédie dramatique réside en partie dans le fait qu’elle exploite un thème intemporel, celui du déchaînement de la violence collective. Après avoir eu un franc succès au festival off d’Avignon en 2013, la pièce est à découvrir au théâtre Tristan Bernard… Prévoyez cependant de dîner avant le spectacle…:-) http://www.fouic.fr/mangez-le

La Grande Classe – Masques & Nez

Imaginez que vous assistez à un cours de théâtre. Igor, le prof, demande à  ses 5 élèves assis sur scène quels fragments d’œuvres ils ont décidé de travailler ce soir. Après quelques classiques (et drôles) exercices d’échauffement, place au théâtre classique, à la poésie ou encore aux scènes cultes de cinéma. Affublés d’inquiétants masques déformants, les cinq comédiens présents sur scène nous offrent un spectacle d’un peu plus d’une heure qui repose essentiellement sur l’improvisation. Et qu’on se le dise, ce spectacle au concept original est différent chaque soir: en effet, une équipe d’une quinzaine de comédiens différents se relaie régulièrement pour incarner ces élèves comédiens, rendant ainsi chaque représentation unique. Autant de bonnes raisons donc d’y retourner une seconde fois; il est d’ailleurs prévu, si vous revenez accompagné la seconde fois, et sur présentation de votre premier billet, qu’on vous offre votre place . Le spectacle se joue jusqu’au 6 avril 2014 du mardi au samedi à 19h au théâtre des Mathurins, et tant que vous êtes sur place, profitez-en pour enchaîner sur la désormais célèbre comédie policière « Dernier coup de ciseaux » qui se joue à 21h.

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Merci à OÜI FM grâce à qui j’ai eu la chance d’aller découvrir les prouesses de Flor et Léonore qui font vivre les mots de la langue française comme personne. Après le succès de leur premier opus, les deux complices remettent ça à l’Européen et on en redemande! Évoluant sur scène avec grâce et sensualité, elles se glissent cette fois-ci dans la peau de mots tels que la politesse, l’inconstance, le rien ou encore le lâcher-prise. Un spectacle intelligent, frais, interprété avec beaucoup de finesse par deux comédiennes aux voix de radio qu’on écouterait pendant des heures… http://www.deshabillez-mots.com/

Eye of the Tiger

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« Je ne comprends pas pourquoi nous sommes condamnés à vivre l’un avec l’autre. », ainsi débute la première des 18 scènes (ou plutôt devrais-je dire rounds) de RING, LE spectacle parisien que vous allez vous empresser d’aller voir au Théâtre du Petit St Martin d’ici la fin janvier. 

Ici le couple y est examiné sous toutes les coutures: de la rencontre à la séparation en passant par la vie de parents, Audrey Dana et Sami Bouajila alias Camille et Camille, enchaînent pendant près d’1h30 les duels teintés de passion, de promesses, de jalousie, d’incompréhension ou encore de lassitude, sans jamais verser dans le cliché des relations hommes/femmes. A l’opposé des spectacles à la « Mars et Vénus » qui exploitent avec lourdeur le même sujet, on s’émerveille de voir sur scène le couple Dana/Bouajila s’enlacer ou se repousser avec un tel naturel sur des chorégraphies très physiques effectuées avec beaucoup de fluidité et de conviction. Le duo fonctionne à la perfection et l’interprétation est toujours juste. Mention spéciale pour Audrey Dana, légère, aérienne, entière, tour à tour drôle et émouvante. On ressort de la salle un peu KO mais le sourire aux lèvres et avec cette furieuse envie d’aller affronter la vie à deux. Que ça foire ou qu’on en sorte vainqueur, le combat n’en demeure pas moins intéressant 🙂 

Love me do

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L’amour toujours l’amour, le fil conducteur de mon week-end, qui s’est présenté à moi sous diverses formes et a ponctué ces trois derniers jours, tel un (mauvais) running gag. Je vous parle de cet amour que l’on cherche de manière frénétique sur les sites de rencontres, de cette chimère que l’on poursuit en ayant l’illusion de la trouver au détour d’un verre avec un inconnu. Par désespoir, par curiosité, et aussi un peu parce-que c’est la mode, on enchaîne les rencards et évidemment, on se rend vite compte que l’on essaie d’atteindre l’inatteignable. Les dizaines de pintes consommées en face de potentielles « targets » n’y changeront rien: au mieux, on se distrait, on rit et on passe une soirée agréable, au pire, on passe à la moulinette d’un questionnaire pas toujours très subtil censé valider une éventuelle compatibilité, questionnaire que l’on inflige parfois même en retour à son interlocuteur, histoire de relancer la conversation quand les sujets viennent à manquer. Triste constat que cette quête d’un amour dont on doute sérieusement de sa capacité à passer du virtuel au réel.

Et puis il y a cet amour bien réel (parce-que oui, tout finit par arriver en ce bas monde) mais qui n’est pas partagé. Ainsi dans Le Misanthrope (à découvrir à La Cigale jusqu’au 19/09/13), le droit et vertueux Alceste s’éprend de la charmante et médisante Célimène qui fait tourner la tête de tous les hommes de la cour mais se trouve bien incapable de l’aimer en retour. Quand l’amour sincère et la vérité se heurtent à l’hypocrisie et au mensonge de tous et en particulier de l’être aimé, il ne reste plus qu’à se retirer de la société, un choix radical que fera Alceste.

Enfin il y a cet amour réciproque, naturel, comme une évidence, qui naît au détour d’un salon de tatouage et s’épanouit au son du banjo dans la campagne belge. Dans Alabama Monroe, on assiste à la naissance et l’évolution d’une idylle entre le très rationnel Didier et la superstitieuse Elise, que la vie va mettre à rude épreuve. Les belles rencontres existent bel et bien mais l’amour, aussi fort soit-il, résiste-t-il à tout? « Les histoires d’amour finissent mal »… Peut-être bien oui, mais ce n’est pas une raison pour ne pas se hâter d’aller voir ce petit bijou du cinéma belge! Et surtout n’ayez pas honte de verser votre petite larme! 🙂

C’est un garçon!

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Ou plutôt devrais-je dire un homme, la cinquantaine, cheveux grisonnants, pas spécialement attirant ni même sympathique… Fini de fantasmer, le voile est donc levé sur le mystère de l’inconnu du 4ème! Et je fais comment moi si je n’ai plus de motif de rêvasserie, hein?

En attendant, bravons la pluie à Rock en Seine et partons nous vider la tête sur la côte croate!

Do skorog viđenja!

Dans l’enfer de Manille

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« Naître pour être pendu, c’est éviter la noyade. »

Parce-qu’il n’a tout simplement pas assez d’argent pour acheter les graines de la prochaine récolte, Oscar et sa famille décident de quitter leur campagne philippine pour tenter leur chance à Manille. L’histoire classique d’un exode rural où se mêlent espoir d’une vie meilleure et peur de sombrer dans une mégalopole rongée par la violence, l’appât du gain et le vice. Evidemment, Oscar le paysan est une proie facile pour les petits malfrats qui ne tarderont pas à profiter de l’innocence et de la bonté de ces exilés. Après quelques déboires et la nécessité, pour la femme d’Oscar, de travailler dans un bar à hôtesses pour nourrir la famille, la chance semble enfin sourire au jeune couple: Oscar se voit offrir un poste de convoyeur de fonds. Un cadeau tombé du ciel, un coup de pouce divin, parce-que pour les fervents catholiques que sont les philippins, Dieu est partout et on peut compter sur lui pour se sortir d’une mauvaise passe. Ah ouais, vraiment?

Afin de ne pas gâcher le plaisir à ceux qui seraient tentés de voir METRO MANILA, je n’en dévoilerai pas plus l’histoire. C’est en tout cas pour moi une belle découverte, un film à la fois violent et émouvant où le suspense m’a tenue en haleine du début à la fin. La fin est sublime et l’on ressort du cinéma avec cette certitude: si le bonheur n’est pas toujours dans le pré, il l’est encore moins sur les trottoirs de Manille.

L’inconnu du 4ème

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Emménager dans un nouvel immeuble a ce côté excitant de vous faire découvrir un nouveau territoire et de nouvelles têtes. Je parle de ces chers voisins, qui nous font parfois enrager ou fantasmer; ceux avec lesquels on discute et ceux qui ne disent jamais bonjour; ceux qui font du bruit et ceux qui nous font partager leurs odeurs de cuisine. Il y a cette petite vieille, véritable mémoire de l’immeuble, qui arrose les plantes dans la cour ou encore le jeune couple du 1er dont le nourrisson ne cesse de pleurer.

Et puis il y a mon voisin du 4ème, celui dont je ne connais ni le nom ni le visage mais dont j’entends les pas sur le parquet presque tous les soirs. Vivant dans l’appartement au dessus du mien, je suis ses allées et venues d’une pièce à l’autre, constate à travers le bruit de son téléphone qui vibre sur le parquet qu’il se lève à la même heure que moi et qu’il semble lancer des machines à laver très tôt le matin. Sans aucune raison valable, je me plais à penser qu’il mène une existence tranquille, un peu solitaire, bercée par le « métro-boulot-dodo » qui rythme sa semaine. Tout comme moi, il travaille au mois d’août pour partir en vacances en septembre dans une contrée lointaine avec des amis. Peut-être même qu’il partira avec l’Ucpa plutôt que le Club Med. Forcément il passe ses soirées sur internet, forcément il est célibataire (et jusqu’à maintenant, je n’ai détecté aucun bruit nocturne suspect qui tendrait à me prouver le contraire) et forcément nous allons finir par nous croiser un jour dans les escaliers et ce sera le coup de foudre réciproque.

Alors évidemment, au lieu d’être là à rêvasser et imaginer la vie d’un parfait inconnu, je devrais plutôt agir et trouver un prétexte fallacieux pour aller directement sonner à sa porte et ainsi vérifier si la réalité est à la hauteur de mon imagination. Oui mais voilà, nous les filles, on aime ça rêvasser. Et surtout, on aime pas quand la décevante réalité nous rappelle à l’ordre. Vous comprendrez donc aisément que je crains de découvrir l’accablante vérité: mon voisin n’est peut-être en fait… qu’une voisine!